Élections québécoises 2026:

Trois engagements déjà pris en transport collectif

En février 2025, les personnes candidates des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale dans l’élection partielle de Terrebonne rencontrées par l’Alliance TRANSIT se sont engagées au nom de leur formation politique à porter trois engagements:

  • Augmenter l’offre de transport collectif, en visant une bonification de 5% par année. (0% depuis 2019)

  • Adopter un nouveau plan d’action pour la mise en œuvre de la Politique de mobilité durable (PMD) 2030 à la hauteur des besoins.

  • Augmenter la part des investissements en infrastructures dédiée au transport collectif, pour viser 50% des investissements en transport. (2026: 26%)

Développer l’offre de transport collectif

Le cycle de compression budgétaire et l’entente de financement 2025-2029 conclue en décembre 2024 nous forcent à constater l’inacceptable : le cadre financier actuel ne prévoit pas de développement de l’offre majeur d’ici 2030, mise à part l’ouverture du REM. Or, depuis 2018, l’offre de service de transport collectif totale au Québec n’a connu globalement aucune croissance. Cette stagnation est nécessairement incohérente avec la Politique de mobilité durable (PMD), rendant les principales cibles en transport collectif hors de portée. 

Le Plan d’action 2018-2023 de la PMD prévoyait notamment une croissance de l’offre de service de 5 % par année, expliqué dans cet extrait :

De 2007 à 2015, les efforts gouvernementaux ont permis d’augmenter l’offre de service de transport en commun de près de 32 %, ce qui a contribué à une hausse de l’achalandage de plus de 15 % pour la même période. Il est temps de donner une nouvelle impulsion et poursuivre sur cette lancée. Afin d’atteindre la cible de 37,5 % de réduction des émissions de GES, il est nécessaire d’augmenter l’offre de service de transport en commun de 5 % par année. (MTMD, 2018) Plan d’action de la Politique de mobilité durable 2018-2023, p.21

Planifier l’ambition grâce à la Politique de mobilité durable

Peu importe le volume d’investissements anticipé par le gouvernement, il est de sa responsabilité de planifier le futur de la mobilité. Il s’agit non seulement de prioriser les projets et de maximiser les retombées, mais également de donner une direction claire et prévisible pour la fonction publique et la population. C’est pourquoi le Québec s’est doté d’une Politique de la mobilité durable (PMD) 2030 en 2018.

Créée en 2018, la Politique de mobilité durable 2030 repose sur l’approche Réduire, Transférer et Améliorer (RTA) et vise notamment à ;

  • offrir 4 services de mobilité durable à 70 % de la population ;

  • réduire de 20 % le temps de déplacement moyen entre le domicile et le travail ;

  • diminuer de 20 % la part des déplacements effectués en auto solo ;

  • réduire les coûts associés à la congestion routière ;

  • réduire de 20 % les dépenses en transport.

Bien que ces cibles soient ambitieuses et porteuses de grands effets positifs sur les ménages, la Politique de mobilité durable est essentiellement abandonnée par le gouvernement depuis 2023.

Le plan d’action 2018-2023 devait précisément se distinguer grâce au Chantier sur le financement de la mobilité durable, assurant le financement suffisant aux mesures du plan d’action vers l’atteinte des cibles de la Politique. Le Chantier n’a toutefois jamais été conclu, reléguant l’enjeu critique du financement à la postérité et condamnant la PMD à l’échec certain.

Viser l’équilibre des investissements en infrastructures de transport, une question de priorité

Lorsque le gouvernement dépose un Plan québécois des infrastructures (PQI) avec deux fois plus d’investissements en réseau routier qu’en transport collectif, il doit se demander s’il investit dans la direction qu’il souhaite prendre. Aucune politique de mobilité durable ou de décarbonation des transports ne sera sérieuse si l’État continue de financer davantage le réseau routier.

Un équilibre 50-50 entre les besoins routiers et ceux en transport collectif permettrait non seulement d’investir en cohérence avec les ambitions en matière de mobilité durable, mais serait également conforme au Plan québécois pour une économie verte 2030 (PEV), en plus de faire preuve d’une meilleure rationalité comme gouvernance basée sur les retombées économiques attendues

Libellés originaux des engagements de Terrebonne:

  • viser une augmentation annuelle d’au moins 5 % de l’offre de transport collectif d’ici 2030. Une bonification du transport collectif peut prendre la forme de nouvelles lignes couvrant un plus grand territoire ou d’une fréquence accrue, y compris en dehors des heures de pointe.

  • adopter un plan d’action pour la mise en œuvre de la Politique de mobilité durable (PMD) à la hauteur des attentes et des besoins de la population de Terrebonne et de tous les Québécoises et Québécois.

  • augmenter le financement dédié au transport collectif pour que 50% des investissements en infrastructures de transport soient dédiés au transport collectif d’ici 2030, en partenariat avec Terrebonne et les autres municipalités québécoises

En octobre 2023, l’Alliance TRANSIT avait également tenu une conférence de presse transpartisane avec le Parti libéral du Québec, Québec solidaire et le Parti Québécois à l’Assemblée nationale, afin de dénoncer que le gouvernement du Québec prévoit cinq ans de stagnation pour le transport collectif, en contradiction directe avec plusieurs engagements gouvernementaux.