Réaction au budget du Québec 2026 : Un statu quo mis à jour

Québec, le 18 mars 2026 -  Alors que les besoins en infrastructures se multiplient et que les sources de financement en transport s’évaporent, l’Alliance TRANSIT, dédiée au financement du transport collectif, constate un budget qui gagne du temps en attente d’une direction claire en mobilité.

Faits saillants du budget

  • Pire ratio depuis 2014 des investissements en transport collectif versus investissements au réseau routier.

  • Bonification de l’enveloppe au maintien des actifs de transport collectif, mais réduction dans les sommes à court terme.

  • Croissance du déficit de maintien des actifs du réseau routier de 2,0 G$.

  • Réduction de l’enveloppe de bonification du réseau routier à son plus bas depuis 2018 à 4,1 G$.

  • Déficit du fonds responsable du réseau routier et du transport collectif (FORT) record de 3,7 G$ en 2025-26.

Un réseau routier toujours plus priorisé dans les investissements

Le budget 2026 s’éloigne de l’objectif d’équilibrer les investissements entre le transport collectif et le réseau routier, pour atteindre son pire ratio depuis 2014, avec 73,6% des investissements en transport réservés au réseau routier.

Rappelons que le gouvernement s’est engagé à plusieurs reprises d’atteindre un équilibre 50-50 entre les investissements du réseau routier et du transport collectif, notamment lors de l’élection partielle de Terrebonne en 2024 et dans le Plan pour une économie verte.

Le recul s’explique principalement par la réduction de l’enveloppe de bonification en transport collectif à seulement 9,3 G$ pour les 10 prochaines années. Cette coupe est néanmoins partiellement justifiée par des investissements devancés de 1,8 G$, dont 1,4 G$ pour le prolongement de la ligne bleue.

Néanmoins, l’Alliance TRANSIT accueille favorablement que les investissements du réseau routier n’aient jamais autant été concentrés sur le maintien des actifs plutôt que sur le développement d’un réseau déjà très étendu. Seul 34% du déficit de maintien des actifs du réseau routier de 24,5 G$ est toutefois budgété pour être pris en charge d'ici à 2036.

« Nous devons faire plus de projets en transport collectif pour combattre le coût de la vie, notamment en réduisant notre consommation énergétique, mais également pour aller chercher le financement fédéral que Québec tarde à sécuriser. Nous avons plutôt droit à la plus petite enveloppe de bonification de transport collectif depuis 2019, à contre-courant de virtuellement tous les engagements et politiques du gouvernement», affirme Samuel Pagé-Plouffe, porte-parole de l’Alliance TRANSIT.


« Le transport collectif est pourtant un vecteur incontournable pour faire face aux grandes crises de la société, tant pour le développement économique de toutes les régions du Québec, pour réduire le coût de la vie, pour favoriser l’activité physique, pour réduire les émissions de GES, de particules fines et la consommation énergétique.  », affirme Marc-André Viau, directeur relations gouvernementales chez Équiterre et porte-parole de l’Alliance TRANSIT.




Un maintien des actifs bonifié, mais pas tout de suite

Malgré une détérioration rapide des infrastructures en transport collectif, dont 41 % sont maintenant en mauvais état, non loin des 44 % du réseau routier, le financement du maintien des actifs demeure une fraction des besoins. 

À 3,5 G$ sur dix ans, l’enveloppe est certes bonifiée, mais reste néanmoins en déclin face à 2018, sans compter l’énorme inflation ayant eu lieu depuis. À titre de référence, la STM estime avoir besoin de plus de 650 M$ par année pour stabiliser son déficit de maintien des actifs. Il faudrait ainsi doubler cette enveloppe simplement pour éviter une détérioration additionnelle.

Pire encore, la bonification de l’enveloppe au maintien des actifs dissimule une enveloppe réduite pour les cinq prochaines années. Le gouvernement avait utilisé le même subterfuge au budget de l’an dernier. Si le montant est passé de 2,4G $, à 3,0, puis 3,5 G$, la part des cinq premières années est passée de 1958 M$ à 1812 M$, puis à 1787 M$. Le bon état des infrastructures sera donc le problème du prochain gouvernement.

Un fonds supposé autonome dépendant des subventions

Le financement du réseau routier continue de s’éloigner du principe utilisateur-payeur, malgré que le fonds responsable, le FORT, soit requis d’être autofinancé. Avec un budget de 8,4 G$ pour la seule année 2025-26, la majorité des revenus provient désormais de subventions gouvernementales.

Aujourd’hui, le déficit structurel du FORT s’aggrave rapidement, nécessitant un transfert record de 3,7 G$ qui a dû être injecté par le MTMD pour boucler le  budget. En d’autres mots, plus du tiers du déficit de 9,9 G$ de l’exercice 2025-26 pourrait être attribué à un fonds censé être autofinancé. Conformément à la Loi sur l’administration financière, le FORT est effectivement censé opérer sur un principe d’utilisateur-payeur plutôt que de recourir à des sources de financement qui pourraient bénéficier  aux autres services publics, comme la santé et l’éducation. 

L’insolvabilité du FORT est connue depuis longtemps et a suscité le début d’un Chantier sur le financement de la mobilité durable en 2019. Un nouveau rapport visant à prioriser les mesures à mettre en œuvre a même été remis à la ministre à l’automne 2024, mais n’a pas été rendu public. Le gouvernement devra gérer les enjeux de financement tôt ou tard, qu’il le veuille ou non. D’ici là, l’Alliance TRANSIT continuera d’analyser le budget dans les prochains jours et a publié hier une feuille de route pour le financement des transports.

Cliquez ici pour consulter les recommandations prébudgétaires 2026 sur transitquebec.org

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Renseignements

Francis Garnier
info@transitquebec.org
514-649-5396

À propos de TRANSIT

La mission de TRANSIT est de favoriser le développement et l’amélioration des services de transports collectifs au Québec, en s’assurant qu’ils reçoivent le financement nécessaire pour permettre au plus grand nombre possible de citoyens et de citoyennes d’en bénéficier. Depuis sa création en août 2011, TRANSIT publie des rapports d’analyse et fait état de plusieurs recommandations pour pallier la crise des transports et aider le gouvernement et les organisations de transports collectifs à atteindre leurs objectifs d’achalandage d’ici à 2030. L’Alliance TRANSIT regroupe une cinquantaine d’organisations de divers domaines.

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